Dysplasie de la hanche chez le chien
La dysplasie de la hanche (dysplasie coxo-fémorale) est une malformation articulaire d'origine génétique et environnementale qui touche principalement les chiens de grande et très grande race. C'est l'une des causes les plus fréquentes de boiterie et d'arthrose chez le chien.
Qu'est-ce que la dysplasie ?
Dans une hanche normale, la tête du fémur s'emboîte parfaitement dans la cavité de l'os du bassin (acétabulum). En cas de dysplasie, cette articulation est lâche et mal formée : la tête fémorale « flotte » dans une cavité trop peu profonde. Ce manque de congruence provoque :
- Une usure anormale du cartilage articulaire
- Une inflammation chronique
- Le développement progressif d'arthrose (irréversible)
- Des douleurs et une perte de mobilité
Causes et facteurs de risque
La dysplasie est une maladie multifactorielle :
- Génétique : composante héréditaire forte (polygénique) — c'est pourquoi le dépistage des reproducteurs est crucial
- Croissance trop rapide : alimentation trop riche en énergie ou en calcium chez le chiot de grande race
- Surpoids : facteur aggravant majeur, surtout pendant la croissance
- Exercice excessif chez le chiot : escaliers, sauts, courses prolongées avant 12-18 mois
Symptômes
Les signes varient selon l'âge et la sévérité :
Chez le chiot (4-12 mois)
- Démarche chaloupée, « en canard »
- Difficulté à se lever après le repos
- Refus de monter les escaliers ou de sauter
- Course « en lapin » (les deux pattes arrière ensemble)
Chez l'adulte (arthrose installée)
- Boiterie plus ou moins marquée, souvent aggravée à froid ou après un effort
- Raideur au lever, surtout le matin
- Fonte musculaire des cuisses (amyotrophie)
- Réticence à marcher, courir ou jouer
- Douleur à la manipulation de la hanche
Diagnostic
Le diagnostic repose sur la radiographie du bassin sous anesthésie générale (pour permettre un bon positionnement et relâchement musculaire) :
- Classification OFA ou FCI : grades A (excellent) à E (dysplasie sévère)
- Angle de Norberg : mesure de la congruence articulaire
- Méthode PennHIP : mesure de la laxité articulaire, possible dès 4 mois
Traitements
Traitement conservateur (cas légers à modérés)
- Contrôle du poids : le facteur le plus important — un chien mince souffre moins
- Anti-inflammatoires (AINS) : méloxicam, carprofène — en cures ou au long cours
- Chondroprotecteurs : glucosamine, chondroïtine, acides gras oméga-3
- Physiothérapie et hydrothérapie : renforcement musculaire sans impact articulaire
- Exercice adapté : marche régulière et modérée, natation
Traitement chirurgical (cas sévères)
- Triple ostéotomie du bassin (TPO) : chez le jeune chien (avant 10 mois), pour améliorer la couverture de la tête fémorale
- Prothèse totale de hanche : remplacement de l'articulation, excellent résultat fonctionnel
- Résection de la tête fémorale : pour les chiens de petite taille ou si la prothèse n'est pas envisageable
Prévention
- Choisir un éleveur qui radiographie ses reproducteurs et sélectionne des lignées indemnes
- Alimentation adaptée aux grandes races en croissance (teneur modérée en énergie et calcium)
- Maintenir un poids optimal tout au long de la vie du chien
- Éviter les exercices à fort impact chez le chiot (sauts, escaliers)
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